(extrait) Libertés : le réquisitoire
du PS contre Sarkozy
Samuel Potier (lefigaro.fr)
11/03/2009
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, lors de la présentation du «livre noir» du PS sur les libertés publiques. (Olivier
Laban-Mattei / AFP) Crédits photo : AFP
Martine Aubry a présenté le «livre noir» des «atteintes aux libertés publiques» depuis l'élection du chef de l'Etat. La majorité dénonce des «attaques graves
et irresponsables», qui correspondent au «degré zéro de la politique».
Le PS tire à nouveau à boulets rouges sur Nicolas Sarkozy. Profondément divisés à l'approche des élections
européennes, les socialistes refont leur unité contre le chef de l'Etat sur le thème de la liberté. Martine Aubry a ainsi présenté mercredi un «livre noir» qui dénonce ce qui
constitue à ses yeux l'ensemble «des attaques aux libertés publiques» depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
Sous le titre sans concession «La France en liberté surveillée, la République en danger», l'ouvrage de 170 pages dresse, sous forme d'abécédaire en 89
mots-clés, un état des lieux de ces «atteintes». Ce livre, sorte d'acte 2 de la riposte socialiste après la présentation de leur contre-plan de relance en
janvier, accompagne une campagne lancée par le PS dont le point d'orgue se déroulera le 22 mars au Zénith. Elus, associations, artistes et public y seront conviés pour «le printemps des
libertés pour la défense de la République».
Lors de la présentation de l'ouvrage, Aubry n'échappe pas à la question : Nicolas Sarkozy serait-il «un dictateur, mettant en danger la République?», lui
demande-t-on. Il ne faut «pas être caricatural», répond-elle. Nicolas Sarkozy ne veut certes «pas supprimer le suffrage universel», mais «ce sont les valeurs de la République qui sont en
danger». Pour le PS, la politique du gouvernement est un «triptyque ravageur» : «traitement répressif de la précarité», «étouffement généralisé des contre-pouvoirs», instauration d'une
«société surveillée». «Restreindre les libertés, comme si c'était une solution à la crise», commente Martine Aubry.
Aubry estime que les socialistes ne sont pas «laxistes»
Débutant par les tests «ADN», terminant par les «zones d'attente», l'abécédaire égrène mesures antiterroristes, centres de rétention administrative, «chasse
aux sans-papiers», «concentration de la presse et des médias», contrôles d'identité, dépénalisation de la diffamation, droit d'amendement, nomination des magistrats, peines planchers,
«rafles», fichier Edvige, Taser...
«C'est une analyse malheureusement froide des faits, des décisions juridiques et des politiques menées», fait valoir la première secrétaire du PS. «Pour
limiter les libertés dans notre pays, les lois s'enchaînent», accuse la maire de Lille. «Où est la France des droits de l'Homme ?», s'interroge celle qui assure que les socialistes ne
sont pas «laxistes». «Nous sommes pour une société d'ordre mais il n'y a pas d'ordre sans justice».
«Quand on est un parti républicain, qui a vocation à gouverner, on se doit de prendre des positions responsables. Ces attaques sont graves et
irresponsables», a vivement répliqué le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, lors de son compte rendu du Conseil des ministres. Selon lui, «il y a eu de vraies avancées en matière de
libertés depuis vingt mois» et l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Elysée
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