Olivier Besancenot cite la Guadeloupe en exemple
Le
leader du Nouveau parti capitaliste (NPA), Olivier Besancenot, souhaite que le mouvement de protestation en France se poursuive au-delà de la journée du 19 mars et s'inspire de l'exemple
guadeloupéen.
Les syndicats, qui jugent insuffisants les 2,6 milliards d'euros de mesures annoncés lors du "sommet social" du 18 février à l'Elysée, ont appelé à une journée de mobilisation interprofessionnelle jeudi prochain dans tout le pays.
"Le 19 mars doit être un succès, mais 24 heures de mobilisation, ça ne suffit pas. Il faut taper plusieurs jours de suite avec le même marteau sur le même clou", déclare Olivier Besancenot dans un entretien au Journal du dimanche.
Les organisations syndicales et politiques devraient à ses yeux "s'inspirer de la Guadeloupe", théâtre d'une grève générale contre la vie chère qui a duré six semaines.
Olivier Besancenot considère Elie Domota, le leader du mouvement antillais, comme un exemple à suivre.
"Domota est une grande figure, il a fait un sans-faute. Le LKP est un exemple à suivre et à méditer", dit-il.
"Au-delà de l'histoire coloniale, tout le monde a un point commun avec eux, c'est la spoliation, la 'profitation' comme ils disent. Il faudrait faire des collectifs contre la 'profitation' partout en France", ajoute Olivier Besancenot, qui s'est rendu en Guadeloupe pendant le conflit dans l'île.
Le leader d'extrême gauche dit comprendre les réactions parfois violentes contre les suppressions d'emploi décidées par des entreprises parfois en bonne santé financière.
Cette semaine, des salariés des Landes ont gardé en otage durant toute une nuit le P-DG Sony France pour obtenir des indemnités de licenciement, et des oeufs ont été lancés contre la patron de Continental, qui a fermé le site de Clairoix, dans l'Oise.
"C'est une révolte légitime de salariés à bout. Ils sont traités comme des moins que rien, exploités et virés", dit-il. "Ceux qui sont responsables de la crise sont renfloués par les deniers publics et les salariés doivent se serrer la ceinture. Forcément, l'air du temps reprend de la couleur."
Elizabeth Pineau, édité par Jean-Stéphane Brosse

