Vendredi 27 février 2009
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Par Kraing Meas
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Réforme territoriale : le rapport Balladur déjà mis à rude épreuve
[ 27/02/09 ]
Les 20 propositions de réforme sur l'organisation du territoire élaborées par le comité Balladur s'attirent les foudres de la gauche et embarrassent une partie de la droite. Pierre Mauroy, qui
participait aux travaux, prend ses distances en évoquant « un rendez-vous en grande partie manqué avec ce qui aurait pu être l'«An 3» de la décentralisation ».
Dans quel chantier à haut risque l'exécutif est-il sur le point de s'engager ? Le rapport du comité Balladur sur la réforme de l'administration territoriale n'est pas encore entre les mains de
Nicolas Sarkozy - il le sera jeudi - que les foudres s'accumulent sur son contenu, désormais largement connu. L'ancien Premier ministre a eu beau s'ingénier, mercredi, sur TF1, à en présenter
les 20 préconisations comme des positions de principe, qui ne sont ni fermes ni définitives, rien n'y a fait : hier, les attaques ont redoublé à gauche.
Le coup le plus rude, mais peut-être pas le plus inattendu, est venu de Pierre Mauroy. Membre assidu du comité, le sénateur PS du Nord prend nettement ses distances avec ses conclusions. «
Il s'agit encore, à nos yeux, d'un rendez-vous en grande partie manqué avec ce qui aurait pu - et dû être - l'«An 3» de la décentralisation », indique l'ancien Premier ministre dans la
contribution jointe au rapport des sages et qu'il cosigne avec le député PS André Vallini.
De fait, les deux élus de gauche s'étaient démarqués de leurs « pairs » en se déclarant, la semaine dernière, défavorables à trois des 20 propositions adoptées la semaine dernière par le comité
: suppression des cantons, élection simultanée des conseillers généraux et régionaux à partir de 2014, spécialisation des compétences de leurs collectivités respectives qui, dès lors, perdent
leur compétence générale.
Au-delà du clivage droite-gauche
Autant d'orientations auxquelles le PS est farouchement hostile. Mardi dernier, Martine Aubry, sa première secrétaire, n'a pas hésité à parler de « magouille », laissant clairement
entendre qu'il s'agissait de réduire l'influence de sa formation, majoritaire dans plus de la moitié des départements et la quasi-totalité des régions. Hier, Pierre Mauroy ne voyait pas les
choses différemment. « La droite est sortie humiliée des élections régionales de 2004 », déclarait au « Monde » l'artisan des lois de décentralisation de 1982 et 1983. « Il s'agit
pour elle de reprendre le pouvoir : donc elle change tout et brouille tout. » Pour autant, la levée de boucliers suscitée par le rapport Balladur ne se résume pas au classique clivage
droite-gauche, loin s'en faut. Le regroupement des régions, même volontaire, suscite aussi des réticences dans la majorité présidentielle. Caroline Cayeux, maire de Beauvais et conseillère
régionale UMP, redoute l'éclatement de la Picardie. Pour Brice Hortefeux, ministre du Travail et conseiller régional d'Auvergne, il « ne faut pas se précipiter » dans la mise en oeuvre
de ces regroupements. Pierre Mauroy, lui, n'y est pas opposé, contrairement à Alain Rousset, le président PS de l'Association des régions de France, qui ne décolère pas contre ces « poncifs
éculés sur la taille des régions ».
Roger Karoutchi et Valérie Pécresse, qui briguent l'investiture de l'UMP pour la tête de liste des prochaines régionales en Ile-de-France, sont restés silencieux hier sur l'idée d'une
collectivité locale à statut particulier sur le « Grand Paris ». Jean-Paul Huchon, le président PS de la région capitale, lui, a eu tôt fait de classer la fusion des quatre départements et des
intercommunalités de la première couronne à la rubrique des « projets ringards ». Pierre Mauroy n'est pas totalement de cet avis puisqu'il s'est abstenu sur cette proposition.