Jeudi 26 février 2009
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Par Kraing Meas
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Le Parti socialiste (SPS) du défunt président serbe Slobodan Milosevic a qualifié d'"injustes" les peines prononcées par le Tribunal pénal
international (TPI)
contre les cinq anciens responsables serbes pour des crimes de guerre commis pendant la guerre au
Kosovo. "Ceux qui défendaient leur pays et leur peuple
contre l'agression ont été condamnés", a déclaré aux journalistes Djordje Milicevic, porte-parole du
SPS, soulignant qu'il espérait que ces jugements seraient révoqués en appel. (AFP)
L'issue du verdict du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), rendu jeudi 26 février à La Haye (Pays-Bas), Milan Milutinovic doit se dire qu'il s'en tire bien. Président de la
Serbie de 1997 à 2002 durant la guerre au Kosovo (1998-1999), membre du conseil suprême de défense qui ordonnait alors l'expulsion de 800 000 Albanais de cette province aujourd'hui indépendante,
Milan Milutinovic, 66 ans, n'a été déclaré ni responsable ni coupable par les juges internationaux qui se prononçaient pour la première fois sur la responsabilité des Serbes dans ce conflit.
Le TPIY l'a acquitté, déclaré innocent donc, malgré ses fonctions et son autorité légale sur les services de police. Cette police qui, chronologiquement, a commencé la basse besogne contre les
indépendantistes albanais de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et les civils de cette province avant que l'armée yougoslave – sous l'autorité constitutionnelle du véritable homme fort de
Belgrade, Slobodan Milosevic – ne mette la main à la pâte. Sur l'échiquier politique serbe de l'époque, Milan Milutinovic est certes toujours apparu dans l'ombre de son mentor. Il n'occupa de
hautes fonctions que lorsque cela arrangeait son ami "Slobo". La chambre du TPIY a d'ailleurs estimé "qu'en tant que président de la Serbie, Milan Milutinovic, n'avait pas de
contrôle individuel direct" sur les forces serbes combattant l'UCK. "Dans la pratique, c'était [Slobodan] Milosevic (...) qui exerçait le véritable commandement", a
annoncé, jeudi, le juge Iain Bonomy en conclusion d'un procès qui s'est tenu du 10 juillet 2006 au 27 août 2008.
LES "EXÉCUTANTS" CONDAMNÉS
En revanche, les "exécutants" ont été condamnés. Et ce verdict confirme, s'il en était besoin, l'ampleur des exactions commises par les forces serbes au Kosovo durant la guerre, mais que
Belgrade a souvent tenté de nier ou de minimiser sous couvert d'actions antiterroristes ordinaires. L'ancien vice-premier ministre de la République fédérale de Yougoslavie, Nikola Sainovic, a
ainsi été condamné à 22 ans de prison, tout comme Nebojsa Pavkovic, ancien chef de l'état-major de l'armée, et Sreten Lukic, chef de la police serbe au Kosovo, pour des crimes contre l'humanité
et crimes de guerre. L'accusation a réussi à prouver leur "intention de forcer la population des Albanais du Kosovo à l'exode afin d'assurer le maintien du contrôle" de Belgrade sur la
province, selon le juge.
Deux autres accusés, Dragoljub Ojdanic, autre ancien chef de l'état-major de l'armée yougoslave, et le général Vladimir Lazarevic, qui dirigeait les opérations de l'armée à Pristina, ont été
condamnés à 15 ans de prison, pour déportations et transferts forcés. Le juge a estimé que l'armée et la police avaient utilisé le prétexte des bombardement de l'OTAN (de mars à juin 1999) pour
terroriser la population en tuant des civils, violant des femmes, brûlant des maisons et confisquant les papiers d'identités des personnes qui s'enfuyaient.
Les services du procureur du TPIY doivent toutefois garder un sentiment d'inachevé. Slobodan Milosevic – président yougoslave, mentor de Milan Milutinovic et véritable décideur politique durant
les guerres balkaniques (de la Slovénie en 1991 au Kosovo en 1999) – avait échappé à son verdict en mourant durant son procès dans sa cellule de La Haye en 2006. C'est aujourd'hui son "numéro
deux" qui repart libre.