Lundi 23 février 2009
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Par Kraing Meas
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Posted: 21 Feb 2009 10:17 AM CST
Publié par Global Voices
Billet en anglais publié par Tomomi Sasaki · Traduit par Fabienne Flessel · Voir le billet en anglais
Le Tribunal d'Instance d'Okayama a statué [en japonais] sur le calcul des
indemnités estimées dues à un transexuel, qui souffre de lésions après un accident de la route, en se basant sur les revenus moyens d'un homme adulte. Le
plaignant apparaît en tant que femme au koseki, l'Etat Civil, ce qui pousse l'accusé à réclamer que les
indemnités soient calculées sur la base des revenus d'une femme adulte. La décision du juge se justifie par le fait que le plaignant a adopté un nom masculin courant et a régulièrement subi
des injections de testostérone.
Aoisora002 s'interroge sur les réactions après cette décision [en japonais]:
On peut dire que c'est une décision historique en ce qu'elle accorde plus d'importance à la vie quotidienne qu'à ce qui est écrit dans le registre d'Etat-Civil. En y pensant bien, il est
vrai que cela semble évident. S'il vit et est rémunéré comme un homme, il est logique qu'il soit indemnisé à hauteur de ce qu'il aurait gagné en tant qu' homme. Cette décision
semble très logique a priori, mais je me demande tout de même si elle fera jurisprudence.
Sur son blog, Dorami interprète cette information dans le contexte d'un préjugé [en japonais]:
Les affaires liées à l'identité sexuelle ou au genre sont taboues au Japon et
restent encore confidentielles, tant au niveau des médias que de l'éducation (en effet, il existe une différence entre l'identité de genre et l'identité sexuelle.) Par
exemple, les gens considèrent que l'homosexualité n'est pas acceptable (pour ne pas dire mauvaise), pourtant, ils ne diront pas clairement que c'est mal, c'est un type
d'environnement propice aux préjugés. On doit probablement se réjouir pour la société japonaise que depuis 2 ou 3 ans, on voit des hommes homosexuels enjoués dans les émissions
de télévision. Si les préjugés raciaux demeurent forts en certains endroits des États-Unis, on peut tout de même constater une amélioration de la situation, à travers l'accession d'un
Noir à la présidence. On ne devrait pas s'étonner d'y voir ensuite une personne homosexuelle. Je me demande si le Japon peut s'engager dans cette voie, je pense malgré tout
que le schéma politique du pays serait un sévère obstacle.
Voici un commentaire de Hino au billet posté par Dorami [en japonais] :
Je ne pense pas que l'on puisse voir l'inverse se produire, une femme transexuelle qui demanderait des indemnités correspondant à sa vie de femme. Là, on pourrait parler d'égalité totale.
Sur son blog, Kyoko [en japonais] mentionne aussi ces nouvelles tendances audiovisuelles[en anglais] :
Le mot 性同一性障害 qui veut dire “trouble du genre” est devenu commun au Japon. Avec l'explosion des “onee” (‘Onee' signifie grande soeur mais fait aussi référence à un homme homosexuel
efféminé),on peut voir de nombreux hommes travestis dans les émissions de télé. Pourtant, je ne pense pas qu”ils soient vraiment représentatifs…
Elle ajoute:
Il est inacceptable qu'il souffre de lésions, mais je suppose qu'il est fier de lui et de la façon dont la société l'a accepté en tant qu'homme.
Dans un billet intitulé “La valeur de la vie”, Hiro met en doute le fond du système [en japonais]:
En bref, si le calcul avait été basé sur les revenus moyens d'une femme, il aurait donc été moins bien indemnisé. Même si le problème sous-jacent est que les femmes sont moins bien payées
que les hommes, cette affaire rappelle qu'il est plus important de prendre des décisions sur la base de la réalité que de la justice. En effet, si cet homme avait été docteur ou avocat,
il aurait été mieux indemnisé. S'il avait été un NEET ou un freeter (termes anglais désignant tous deux des jeunes en situation de sous-emploi ou de précarité volontaire), il aurait reçu encore moins. Une société qui affiche avec autant
d'insouciance que la valeur de la vie est fondée sur de telles inégalités ne peut être qu'effrayante.