Dimanche 4 janvier 2009
7
04
/01
/2009
10:58
-
Par Kraing Meas
0
Récession : de nombreuses similitudes avec 1993, souligne l'Insee
[ 02/01/09 ]
Dans ses dernières prévisions, publiées le mois dernier, l'Institut national de la statistique et des études économiques table, pour 2009, sur une récession
d'ampleur au moins équivalente à celle de 1993, dernière année où le produit intérieur brut (PIB) a reculé en France (- 0,9 % en moyenne sur l'année). Alors que l'Insee prévoit un recul de 0,8
% de l'activité au quatrième trimestre 2008 puis de 0,4 % au premier trimestre 2009, le PIB avait cédé 0,5 % au quatrième trimestre 1992 puis 0,7 % au premier trimestre 1993. Le PIB reculerait
ainsi de 1,4 % entre le pic du premier trimestre 2008 et juin 2009, alors qu'il avait cédé 1,1 % entre le point haut et le point bas de 1992-1993. Or, au-delà de ces chiffres, « la
récession de 1992-1993 et celle prévisible de 2008-2009 semblent partager certains facteurs explicatifs », analyse l'Insee. Outre que « le ralentissement français a pris place chaque
fois dans un environnement national dégradé », « le secteur de la construction et le marché de l'immobilier se sont retournés, les agents privés se sont retrouvés fortement endettés et les
conditions de financement se sont durcies ».
Au début des années 1990, la chute du marché immobilier avait, comme l'an dernier avec les « subprimes », « provoqué des pertes importantes pour certaines
banques et compagnies d'assurances », et « eu un fort impact négatif sur le secteur de la construction, dont la production avait reculé de plus de 8 % en 1993 », note l'Insee. Le
taux d'endettement des ménages avait, dans les deux cas, fortement progressé, mais il est beaucoup plus élevé aujourd'hui (plus de 70 % contre 57 % au plus haut en 1991).
Matières premières plus chères
Quelques différences subsistent toutefois entre les deux épisodes de récession, note l'Insee. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, qui étaient entrés en crise dès la
fin de l'année 1990, « étaient repartis au moment où l'Europe entrait en récession », et le prix des matières premières est aujourd'hui plus élevé. Enfin, au lieu d'une hausse «
généralisée des primes de risque » aujourd'hui, « il s'agissait, au début des années 1990, d'une conséquence de la hausse des taux d'intérêt directeurs pour défendre la parité du franc
vis-à-vis du mark ».
La relecture de l'une des notes de conjoncture de 1994 rappelle, elle, le processus de la sortie de crise : « Outre l'amélioration progressive du climat
économique en Europe à partir du printemps [1993], la crédibilité monétaire a favorisé la baisse des taux d'intérêt à long terme, et la politique budgétaire a apporté un certain
soutien à la croissance. » Les ménages ont réduit leur épargne, tandis que « les gains de compétitivité accumulés depuis plusieurs années et une relativement bonne situation financière
des entreprises ont permis à celles-ci de maintenir leurs parts de marché, en ajustant leurs prix ». La croissance avait finalement atteint 2,2 % en 1994. (par V. L. B.)
Commentaires sur la crise :
[ 02/01/09 - Les Echos ]
frada37 [02/01/2009 09:24]
dit :
La peur du gendarme est de début de la sagesse. On l’a vu pour la sécurité routière et le tabagisme. Le gendarme financier n’existe pas car la finance est volatile.
Il sera difficile de trouver des solutions à ces folies qui embarquent le monde dans un tourbillon de richesses virtuelles qui ne deviennent réelles que pour une faible minorité.
Un point peut cependant être fait, qui diminuerait considérablement les effets de cette course folle. Taxer les transactions financières pour dissuader les allers-retours excessifs. Ce serait un
premier progrès.
En attendant, c’est le moment d’investir concrètement pour corriger certaines lacunes majeures de nos pays et du monde entier. Cela réduira les effets de la crise et nous préparera mieux à
affronter d’autres difficultés.
Améliorer l'activité plutôt que la bourse voila mon souhait pour 2009
Blackstream [02/01/2009 10:09]
dit :
«La volonté politique est nécessaire» … mais j’ai tendance à penser que la volonté sans intelligence préalable peut être mise en parallèle avec «science sans
conscience» : les politiques, financiers et économistes se sont lancés dans l’escalade sans reconnaître le chemin … ils sont aujourd’hui dans une impasse, accrochés à quelques prises aussi
improbables que friables … la volonté consiste-t-elle à croire que les petits cailloux vont tenir ?
Peuvent-ils au moins redescendre ? Peut-on revenir à un capitalisme moins dévoyé ? Je ne manquerai pas de vous communiquer mes prévisions pour les deux années à venir dès la fin 2010 !
optimist1 [02/01/2009 10:50]
dit :
@ frada37
Saurons nous éviter les formules franchouillo-franchouillardes pour sortir de la crise ?
Affirmer que c’est le moment d’investir et vouloir taxer les transactions financières, dans notre pays consiste a appuyer en même temps sur le frein et sur l’accélérateur ! Ignorer la concurrence
fiscale qui va s’accentuer entre pays pour sortir de la crise et attirer les capitaux est pour le moins irréaliste.
jerrynyfr66 [02/01/2009 11:36]
dit :
Dites-moi,
l'espoir, l'espérance, c'est pas dans la boîte de Pandore, avec la vieillesse, la maladie, la guerre, la famine, la misère, la folie, le vice, la tromperie et la passion.
Les politiques ont du travail.
Après tout, s'il suffisait de reposer le couvercle sur la boîte?
Gazette49 [02/01/2009 12:42]
dit :
"La volonté politique est nécessaire" certes, mais pas suffisante. Elle "peut être payante", mais au service de quelles ambitions, avec quelle lucidité sur la
situation actuelle, avec quel courage et quelle vision pour l'avenir? Aidons-nous nous-mêmes, sans trop compter sur le ciel ou sur l'état.
jerrynyfr66 [02/01/2009
13:04]
dit :
@ Optimist1,
je ne défends pas Frada, je suis sûr qu'il est assez grand.
Vous écrivez:
"Ignorer la concurrence fiscale qui va s’accentuer entre pays pour sortir de la crise et attirer les capitaux est pour le moins irréaliste."
Vous sous-entendez alors que les sorties de crise ne peuvent se faire que par le bas, en attendant les crises, les récessions; en baissant les taxes et impôts, en agissant inévitablement sur la
redistribution.
La taxe Tobin est loin d'être inutile et elle permettrait de freiner la spéculation. Cependant, elle doit être appliquée en période de calme, et non de troubles financiers.
Je me souviens avoir lu un article dans lequel le Chili et la Malaisie avait réussi à mettre en place une sorte de Tobin(année 90)
C'était en contradiction avec DSK, qui soulignait( en 1999, alors ministre de l'économie) que la Tobin était valable si tous les pays de la planète l'applique de façon simultanée.
Et pourtant, ces deux pays avaient réussis...
gourou1 [02/01/2009 13:52]
dit :
Revenir aux sources d'un capitalisme responsable...
Votre propos me paraît un peu trop angélique, voire carrément naïf !
Le capitalisme repose sur la maximisation du profit. La crise actuelle montre qu'à force de trop vouloir maximiser, on risque de ne plus rien pouvoir maximiser du tout. La question à poser est de
savoir comment limiter l'appétit des capitalistes pour le gain. Cela me paraît aussi difficile de sevrer des drogués.
D'autre part, l'histoire nous montre que la mémoire de l'homme est relativement limitée. La vertu de la crise actuelle est certes de montrer qu'il existe des limites; son inconvénient est qu'elle
n'est pas sélective : tout le monde est touché, mais à des degrés divers. Le plus cynique dans cette affaire, c'est que ce ne sont pas forcément les plus gourmands qui seront le plus durement
pénalisés (je pense notamment à ceux qui vont perdre leur emploi et qui n'ont pas de compétences suffisantes pour pouvoir rebondir rapidement).
Bon courage à tous !
frada37 [02/01/2009 13:56]
dit :
@optimist1,
Je sais bien et comme cela fait plus d’un an que je défends cette thèse que la taxation des transactions financières (taxe Tobin variable servant à calmer les excitations transactionnelles) ne
peut être que mondiale. Je sais que la finance est à la fois mondiale et volatile. Je ne me fais guère d’illusion sur l’aboutissement d’une telle suggestion, mais qui ne suggère rien, n’a aucune
chance de conduire les responsables à se poser des questions.
Quant à l’investissement dans les infrastructures et autres éléments qui concourent pour beaucoup à l’efficacité d’un pays et au mieux vivre de ses citoyens, cela n’a rien de franco
franchouillard. Que direz-vous quand Obama mettra en œuvre un tel plan aux US ?