compléments d'ECHEC: Carte de l'implantation de la peuplade Danh Viet ? PHNOM PENH, 27 octobre (Xinhua) --
Le Cambodge et le Vietnam ont convenu de terminer la démarcation de leur frontière terrestre avant fin 2012, a rapporté lundi le journal bilingue anglais-khmer Cambodia Daily citant un
responsable. La décision a été prise lorsque Ho Xuan Son, sous-secrétaire du ministère vietnamien des Affaires étrangères et directeur du comité de la frontière du pays, a rencontré le
vice-Premier ministre cambodgien et ministre du Cabinet, Sok An, jeudi à Phnom Penh, a précisé au journal Phay Siphan, porte-parole du Conseil des ministres cambodgiens. "Le Cambodge et le
Vietnam ont utilisé la carte établie par les Français. Nous avons fait la démarcation sur les endroits où nous sommes d'accord et nous laissons les zones compliquées à négocier plus tard", a-t-il
souligné. Environ 100 postes frontaliers seront installés avant la fin de l'année et le délai de 2012 ne s'applique pas à la démarcation de la frontière maritime, a-t-il ajouté. Au total 314
postes seront installés le long de la frontière terrestre avec le Vietnam dans les prochaines années, selon le comité cambodgien
La nuit tombe brusquement sur Kinshasa. D'autant plus brutalement que le quartier Nganda est une fois encore privé d'électricité. Une jeune femme venue prier dans une chapelle en plein air tente
de retrouver le chemin de la hutte en terre séchée qui lui tient lieu de domicile. Au milieu des sillons creusés par la saison des pluies, elle avance difficilement avec ses « chaussures », des
sacs plastiques serrés autour de ses pieds par des grosses ficelles.
Dans sa fuite, elle croise des hommes trop bien nourris, engoncés dans des costumes noirs avec cravates rouges. Ils regagnent leurs gros 4x4 dernier modèle en s'éclairant à la lumière de leurs
portables. Sur le chemin, ils passent près de jeunes Congolais qui baissent la voix à leur passage. Tout juste sortis de l'université, ils savourent une Primus, bière belge brassée localement.
Photo de Kim Gjerstad (Wikipedia Commons)
Ils se sont volontairement éloignés du bar et des oreilles indiscrètes. Malgré leur jeune âge, ils savent que critiquer le régime de Joseph Kabila haut et fort peut coûter cher. Selon un récent
rapport publié par l'ONG Human rights Watch, 500 opposants ont été assassinés ou sont portés disparus au cours des derniers mois. 1000 personnes sont détenues pour des raisons politiques.
Ces jeunes, qui parlent à mi-voix, sont très en colère. « Le régime ne pense qu'à détourner l'argent. Dans le secteur de la santé, il y a beaucoup de dollars. Mais les seuls projets de
coopération qui plaisent à nos dirigeants ce sont ceux qui leur permettent de se mettre au moins 100.000 billets verts dans les poches. En deçà de cette somme, ça ne les intéresse pas. Ils
n'étudient pas les projets. Même si elles sont utiles pour les populations, ils font échouer ces initiatives qui ne sont pas suffisamment pourvoyeuses en pots de vin », explique un jeune
médecin, écoeuré.
Un de ses confrères ajoute : « Même au Congo, on n'a jamais vu ça. Une pareille kleptocratie, comme si le régime savait qu'il ne va pas durer. Et qu'il fallait s'en mettre plein les poches le
plus vite possible ». Quand on leur demande, si leur pays est en voie de démocratisation, ils éclatent de rire. « Mais il y avait davantage de liberté de parole à la fin du règne de
Mobutu (en 1997). Maintenant, tout le monde à peur de s'exprimer », ajoute un avocat, qui parle lui aussi à voix basse.
Dans la capitale, des statues imposantes à la gloire de Laurent Désiré Kabila (au pouvoir de 1997 à 2001) ont « fleuri ». Comme si le régime tentait de développer un culte de la personnalité
autour du président assassiné en 2001. Pourtant, si nostalgie il y a, c'est bien davantage Mobutu qui en est l'objet.
«A son époque au moins, le Congo était respecté. Le petit Rwanda n'osait pas nous attaquer et nous humilier», affirme Arthur, un enseignant en histoire, qui s'inquiète, comme beaucoup,
de l'élection d'un président démocrate aux Etats-Unis : « C'est le retour des Clinton. Nos problèmes ont commencé avec leur arrivée à Washington. Ils ont armé les Tutsis rwandais. Avec les
Clinton, les Rwandais vont pouvoir tranquillement balkaniser le Congo. Mobutu au moins, il savait se faire entendre des Américains. Rien de tel avec Kabila qui a fait l'erreur de se rapprocher
des Chinois. Washington ne va pas lui pardonner. L'Amérique n'acceptera jamais que les minerais de la RDC tombent dans l'escarcelle de Pékin. »
Un habitant du quartier crache devant les soldats de l'ONU
Avocat depuis quarante ans à Kinshasa, Alassane Kane reconnaît que la nostalgie de Mobutu est bien là, mais considère qu'elle n'est pas toujours justifiée : « A l'époque de Mobutu aussi
l'armée était très faible. La grande différence, c'est que les Congolais vivaient mieux. Le coût de la vie a beaucoup augmenté. C'est ça que les Kinois ne pardonnent pas au régime actuel. A
Kinshasa, le quotidien est chaque jour plus difficile».
S'il est vrai que la capitale est loin du front, il n'en reste pas moins que, chaque jour, des réfugiés arrivent de l'est. A tel point que la cité compte désormais près de dix millions
d'habitants, qui s'entassent pour la plupart dans des bidonvilles. « Kin la belle » ressemble de plus en plus à un gigantesque « slum », avec ses égouts à ciel ouvert, à l'image de
Lagos, la capitale économique du Nigeria.
Seul Gombe, le quartier des Ambassades rappelle encore les splendeurs passées, avec ses grands jardins, festonnés de flamboyants et de frangipaniers. Au cœur de ce « havre de paix », des casques
bleus somnolent devant les tanks, positionnés à l'entrée du siège de la MONUC (Mission des nations unis au Congo).
En passant devant eux sans même les saluer un habitant du quartier crache. Il ne peut dissimuler son mépris. « Quand les hommes du président Kabila affrontaient en 2007 ceux de Jean Pierre
Bemba (le vice président), les casques bleus couraient comme des lapins. Au premier coup de feu, ils se sont réfugiés dans les locaux de la Monuc. A quoi servent-ils ? La guerre au Congo a fait 5
millions de morts et ils n'ont toujours pas bougé le petit doigt. Il faut qu'ils rentrent chez eux. Ils ne servent qu'à une chose : faire grimper les prix de l'immobilier. »
Un sentiment largement partagé par les Kinois. « On les déteste. Pendant les massacres, ils détournent les yeux. Ils sont uniquement là pour coucher avec les filles. On ne comprend pas
pourquoi ils restent », ajoute Victor, Kinois, originaire de l'est. Il se rappelle que dans sa région, l'Ituri, les dollars ont été rebaptisé les « Uruguay », car des casques bleus
uruguayens achetaient ainsi les charmes des femmes : trois dollars la passe. Jusque dans les villages, l'économie s'est dollarisée.
Même Okapi, la radio financée par l'ONU, a dû admettre que des casques bleus avaient ouvert en Ituri des bordels avec des filles mineures. Les affaires de viol ou de détournements de mineures par
les casques bleus ne se comptent plus. La plupart du temps, les coupables sont renvoyés au pays. Sans autre forme de procès. Quant aux hauts faits d'armes, les Congolais les cherchent en vain. «
Ils ne défendent pas les civils. Leur seul « acte de bravoure », c'est d'avoir tiré sur une foule manifestant pacifiquement contre leur inaction. Ce jour-là, il y a eu mort d'homme »,
rappelle Laurent Bosongo, un autre Kinois écoeuré.
Le sentiment de révolte est d'autant plus grand que les Congolais savent que cette mission coûte une fortune. Un milliard de dollars par an. 17.000 hommes sont déployés. C'est la plus importante
mission de l'ONU dans le monde. Afin de renforcer son efficacité, l'ONU envisage d'envoyer 3000 casques bleus supplémentaires. Une idée qui irrite des Congolais, qui ne croient plus à l'aide
internationale.